Trafic jams, slums & Justin Bieber 11/24/2011
Jeudi 24 novembre 2011 – 00h14 Quel début de semaine! Et Tana qui est éternellement engorgée, il y a trop de voitures là-bas! J’ai bien tenté de me connecter à internet plus tôt, mais avec le trafic, je finis toujours par arriver à la fermeture des cybers. Il me reste donc quelques minutes pour voir à mon Facebook, et puis hop!, on me fout à la porte. Hier, Kajä est passé me chercher à 9h00 puis nous nous sommes rendus au CDA où Rija, le directeur, nous y attendait. Je l’avais déjà rencontré l’an passé à Montréal, et il était pas mal content de ma visite. Dangereusement en forme! Il m’a fait faire une visite de tout le centre, puis ensuite j’ai pu visiter une partie du quartier desservi par le CDA. Tout d’abord, le quartier. Andohatapenaka est un véritable « slum » situé à côté d’une des deux grandes rivières qui coulent dans la capitale. Le quartier est situé en bas du niveau des eaux; même s’il est protégé par une digue, construite au temps des pharaons, il arrive de temps à autre que le quartier se voie submergée par l’eau. Et croyez-moi, après la pluie qui s’est abattue hier soir sur la ville, le quartier doit baigner dans la flotte assez souvent. L’état a bâti un canal pour aider à évacuer l’eau, mais le canal lui-même déborde quand il pleut trop fort. Rija nous a indiqué qu’avant 1950, il était strictement interdit de s’y construire, puisqu’il n’y avait là à l’époque qu’un grand marais. Depuis 50 ans toutefois, le développement du quartier s,est fait de façon illégale et totalement anarchique : plus de 70 000 personnes y vivent maintenant dans les pires conditions qu’il m’ait été donné de voir. Évidemment, le problème ici, c’est l’eau! Une eau « dégeu » qui inonde la place régulièrement. Une place où les déchets sont rois, où tout est sale. Notre promenade, d’une vingtaine de minutes, nous a permis de constater l’odeur infecte qui y plane, une odeur de déchets en décomposition et de veille pourriture. Intense. Le CDA a donc été construit pour venir en aide à cette population de miséreux, venus pour la plupart des campagnes mais n’ayant pas trouvé mieux où se loger. Le CDA donne donc beaucoup de formation professionnelle (ébénisterie, coiffure, mécanique), s’occupe de la scolarisation d’environ 800 élèves, possède une petite garderie, et offre même des services juridiques, de la formation civique et gère des programmes de micro-crédit. Le CDA est un ressource clé dans le secteur; il y a même une petite clinique médicale qui offre des services de consultation. Comme vous vous en rendez compte, j’ai été enchanté de ma visite du CDA. Un îlot de fraicheur dans ce lieu infecte! Et puisque c’était bien sûr le but de mon voyage, on m’a fait visiter le local de formation de CSF. C’est toujours une vive émotion de se retrouver là, après tous les efforts que l’on met è Montréal pour trouver le financement. Voir de ses yeux le projet fini, le local avec toutes ses casseroles et ses instruments de cuisine, c’est tellement cool! J’ai pris beaucoup de photos pour les ramener mais aussi pour les envoyer au Bénin. J’ai d’ailleurs fait la même chose avec Kajä et lui ai montré la cuisine à Glazoué. Il a pris des notes! J’ai remarqué que la cuisine était pas mal plus grande que notre local béninois, expliquant d’ailleurs la possibilité ici de prendre 16 étudiants à la fois, chose qui serait impossible à Glazoué. Toutefois, ça m’a marqué : seulement 2 éléments au gaz, et pas de four. À Glazoué, pour 2 fois moins d’étudiants, ils ont 6 éléments en plus du four. Faudra examiner ça de plus près de retour à la maison. Au local, j’ai aussi rencontré nos trois formateurs, Grand Hery, Petit Hery et Lailana (phonétique? ;)). Bien content de rencontrer en personne Petit Hery, notre superstar tout juste rentré de France! Nous avons par la suite moi et Kajä pris part à une rencontre avec le CDA, pendant laquelle nous avons réitéré nos vœux de mariage. Notre collaboration avec le CDA a depuis le début été un grand succès; notre taux de placement y est très bon, dû en partie au fait que le CDA possède de très solide ressources pour faire une sélection serrée des candidats. Ils les connaissent, connaissent leur milieu, et leur font faire des « entrevues de motivation » systématiques. Même si ce n’est pas l’objectif de CSF de faire de tous les étudiants des chefs cuisiniers, nous sommes très heureux de voir nos formations servir à leur plein potentiel. Après tout, ceux qui réussissent par la suite à se dénicher un emploi vont pouvoir directement subvenir aux besoins de leur famille et pourront peut-être s’extirper de la misère. C’est ce que nous souhaitons en tout cas! En fin de rencontre, j’en ai profité pour expliquer aux membres du CDA le mandat que j’ai confié à Kajä de constituer une association indépendante pour gérer l’ensemble de nos formations à Madagascar. Rija a très bien accueilli la nouvelle, et en a profité pour m’indiquer que Kajä allait bénéficier d’un bureau neuf au centre. Kajä semblait bien content! Note à moi-même : le CDA loue des chambres pas trop cher (20$ par nuit). Au cas où j’oublierais la clé chez Thémis! Après un dîner beaucoup trop copieux, moi et Kajä sommes allés au jardin zoologique de Tana voir quelques lémuriens, volatiles et autres lézards. C’était pas mal, et très bien situé en ville, tout près des lettres de l’enseigne « Antananarivo » calquées sur celles d’Hollywood. Nous avons pris ensuite près de trois heures revenir à la maison dans le trafic et le déluge. En l’instant d’une demi-heure, les rues escarpées sont devenues des torrents, et j’ai même pensé que la Peugeot 204 de Kajä allait être emportée. Va lui falloir un 4X4 à lui aussi, sa voiture a fait la guerre… J’ai fini la soirée chez le frère de Thémis, qui n’a presque rien en commun avec lui; à mon avis il est beaucoup plus beau! ;) Il m’a parlé de ses entreprises en France et à Madagascar, et plus particulièrement de ses plantations de vanille. Il m’a même donné une botte de vanille : c’est ma bien-aimée qui va être contente! Et bien entendu, je ramènerai sa part au chef… Ce matin, j’ai quitté Tana à 10h00 et suis arrivé à Mahajanga à 21h00. Onze heures de taxi-brousse, qui se traduit ici par un minivan 15 places rempli à capacité. J’ai tellement mal aux fesses à l’heure actuelle que je ne pense pas être capable de m’asseoir demain… Chose certaine, je reviens en avion! Ah oui, preuve que le monde est vraiment petit : le chauffeur écoutait du Roch Voisine et du Justin Bieber sur la route; je suis même pris avec « Never say never » dans la tête! À tout le moins, j’ai pu profiter des paysages sublimes de l’île et de ses hauts plateaux; des collines dénudées à perte de vue, et de petits villages ruraux clairsemés sur la route. On remarque d’ailleurs très bien la grande différence dans les conditions de vie urbaines et rurales ici. La campagne malgache, c’est les années 1850! Peu de villages ont l’électricité, les gamins jouent sur le bord de la route et il y a des zébus partout. L’Afrique, donc, comme on se l‘imagine! Je vous en reparle plus tard de mon arrivée à Mahajanga e de Michou! I smile, you smile… P.S. Il y a maintenant Hélène qui joue dans la radio du cyber. C'est pas des farces, il est hot le Roch! CommentsRybe 11/24/2011 11:37
Avais-tu acheté 2 places de taxi-brousse? Alain à Mada 11/25/2011 13:34
Même pas! Un vrai malgache! Leave a Reply |
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